Samaroli West Indies Dark Rum 1948

89,50

Average score

Bottle Profile
Distillery Unknown
Origin
Bottler Samaroli
Type Unknown
Alcohol By Volume 49%
Sugar Measured 0
Description
Review 2

Rieviews

Review by "Lance" Score: 85

This blast from the past which the eponymous founder of the Samaroli once named as his favourite, is one of the rums at the very tip of the spear when it comes to ageing, and shows once again that rums aged past the third decade are extremely unlikely to ever come from the tropics, in spite of vaunted halo rums like the Appleton 50 Year Old or the current trend to dismiss continental ageing out of hand. As a protest against the relics of colonialist economics I can accept the promotion of tropical, but in terms of quality coming out the other end, the argument is harder to make, though this rum is not necessarily the best example to trot out when discussing the matter on either side. Oddly, for all its fame and historical cachet, not much is known about the West Indies 1948 rum, and what we have comes primarily from two sources. The first is Cyril of DuRhum, who in turn got it from Pietro Caputo (a rum lover from Italy), and he received the info directly from Sylvio Samaroli in late 2016 when they were sharing some glasses. The few facts we get from this (and the bottle) is that it’s a blend of rums from Martinique and Jamaica. The second is Serge Valentin of Whiskyfun, who commented that “it was said” and “other sources” mentioned, that it was Jamaican Longpond mixed together with some Bajan Blackrock. All other sources agree that 800 bottles were issued, 49% ABV, aged in Scotland. I’ll stick with 43 years of age instead of 42.

Nose: Dusty, salty, like a disused barn redolent of hay, sawdust and old leather harnesses. Licorice, cardboard, some light apple cider, dry sherry and very ripe grapes. Amazingly thick, almost chewy nose. There are also some sugary and additional fruity notes, but the overall impression is one of a spice pantry with loads of masala and cumin and one too many mothballs. It’s very different from most rums I’ve tried and reminds me somewhat (but not entirely) of the Saint James 1885, and also of a Jamaican-Guyanese blend.

Palate: Very much more positive than the nose, yet I cannot rid myself of that musty smell of old cupboards in an abandoned house. Salt and sweet and musk all in balance here, like a very good sweetened soya in vegetable soup. Brine, olives, fresh fruit, cereals, more cardboard, more licorice (restrained, not overwhelming), and a faint medicinal or menthol-ly snap at the back end. Leaving it for an hour or so reveals more - leather, aromatic tobacco, prunes, blackberry jam, masala and paprika and tumeric. It’s not thick or strong enough to be called massive, but very interesting nevertheless, and absolutely an original.

Finish: Finish - Nice and long, dusty, dry, aromatic. Leather, port-infused cigarillos, olives, sweet red bell peppers, paprika. More vegetable soup, olives.

Thoughts: Original, but not overwhelming, and that dustiness...dunno, didn’t work for me. The people who would buy this rum (or pinch it from their rich uncle’s cellar) won’t be swayed by my tasting notes or my score, of course. It pains me to say it but that remark demonstrates that what we look for in ultra-aged spirits -- and often buy -- is not the epitome of quality but the largest number, in a sort of testosterone-enhanced misconception that allows one to say “Mine’s bigger” (I’m as guilty of this as anyone). Leap-before-you-look purchasing like that allows soleras and blended rums with a couple of impressive digits to continue selling briskly day in and day out, and, in this case, for a rum that was made seventy years ago to become a desperately sought must-have. All that aside, while I like it, I don’t think it’s superlative. It was tried utterly and absolutely blind, not even knowing what it was, and I came away not wholly enthused -- so this really is as honest an opinion as you can get. The commingling of the components is nicely done, the balance spot-on, but the dustiness and driness and spices don’t entirely click, and some of the tastes seem to clash instead of running together in harmony with each other. And so, for my money, I don’t think cracks 90. Too bad

Review by "Cyril" Score: 94

si nous connaissons la date de distillation (1948 tout de même), nous ne savons rien de l’origine de ce rhum. D’après une petite enquête menée par el grande Pietro Caputo, à qui Silvano Samaroli se serait confié il y a plusieurs mois (l’histoire ne nous dit pas après combien de verres), il s’agirait d’un assemblage de rhums provenant de Martinique et de Jamaïque qui serait resté dans un ‘assez grand fût’. S’agit-il alors d’un rhum resté en foudre, et que les nombreuses années de repos auront lentement bonifiés? ou alors a t-il réellement vieilli près de 42 ans, sans doute choyés par des anges chétifs à la diète imposée et européenne? Les questions restent en suspens depuis 1991, date à laquelle ce West Indies Dark Rum 1948 sera mis en bouteille et proposé aux amateurs, à 800 exemplaires.

Nose: La robe de ce West Indies 1948 est ambré profond tirant sur une élégante couleur bronze, et semble lourde ; la couronne de larmes qui se forme sur le verre confirmera cette impression, et au-delà, elles resteront même comme suspendues, souhaitant sûrement profiter du paysage, de cette aération subite, de cet ultime bol d’air qu’elles attendent depuis si longtemps. Et alors que la peine se dissipe et que les larmes coulent, un parfum s’échappe déjà du verre, preuve que la belle a su garder ses attraits et que le charme traverse bien les générations. Et force est de constater que le parfum ne s’est pas fadé, qu’il a su rester concentré et mature et que s’il n’est pas de toute fraîcheur, il est élégant et candide: les fruits sont séchés, du routinier raisin aux plus exotiques de ses cousins ; les épices sont d’une fragilité extrême et d’une finesse éperdue et comme fondues dans le bouquet. Le fluide apparait complexe et les fruits séchés se font maintenant confits et cannelle, le boisé se recouvre d’un vieux vernis écaillé qui a traversé les siècles et qui rappelle insidieusement les souvenirs usés de meubles patriarches. Avec cette impression, quelque part, de rentrer dans le verre comme on pousse la porte d’une vieille demeure, avec des souvenirs surannés marqués d’une empreinte olfactive désuète et charmante qui vous saute dessus, et parfois vous fait éternuer. Charmante et désirable, méticuleusement usée avec des parfums de brocante et de chêne abîmé par le temps, de poussière et de voile blanc rendu beige par autant ; une odeur de commode, sur le coin duquel un vieil homme est accoudé, et vous raconte des histoires d’une autre époque à coup de « c’était mieux avant » ; certes différent, mais le charme de ce voyage garde un souvenir exquis, et déjà le visage de ce vieil homme s’évapore sous le trait lourd d’un tableau accroché sur un mur craquelé et jauni. Personne n’aurait jamais envie -et ne devrait jamais avoir l’idée- de faire pénétrer la lumière dans ce genre de lieu chargé d’histoire ; à quoi bon faire fuir le temps et ses stigmates, qu’il reste concentré et que restent fermés les rideaux et les tiroirs ; que cette maison reste étanche à la folie du présent. L’oxydation transforme et la lumière dénature les trésors, qui une fois découverts ne brilleront plus jamais du même éclat. Ainsi est faite la nature humaine, pseudo explorateur qui ne fait rien d’autre, au fond, que regretter et envier un passé révolu, et à jamais perdu. Une simple question de spirit, où la racine du mot prend tout son sens et fait couler l’histoire. L’intrigue est longue et les pages ne se comptent pas, elles se savourent en ne perdant rien, ni intérêt, ni essence ni parfum. Au contraire, le récit évolue même et rebondit, fait apparaitre d’autres personnages, tous liés, ou peut-être plusieurs générations. La vieille demeure se transforme même en habitation luxueuse entourée de champs de canne, et ses effluves exotiques rappellent maintenant une parenté plus végétale, et tellement élégante…

Palate: La bouche se fait attendre, mais qui aurait idée de boire une histoire? Ne serait-il pas plus facile, et avouons-le lâche, de remettre ces quelques gouttes à leur endroit, et de les oublier pour qu’un jour un autre ne les découvre, ne les fasse revivre encore et encore. Car la page se fait muette et la bouche, blanche, et tout se passe dans le silence. La suite est liquide et réveillera n’importe quel sens, à commencer par la vue ; car une fois en bouche, ce rhum la rendrait à un aveugle, et mieux, à celui qui n’a jamais voulu voir… l’évidence, celle de ce vieil homme qui la disait encore il y a quelques minutes. A cet instant on ne pense plus à cette maison ni à son aménagement intérieur, on veut tout simplement s’empresser et pousser le mobilier, en arracher les façades pour y trouver son cœur, soulever les draps, descendre les escaliers menant à son sous-sol pour y découvrir sa source. Car elle n’est pas tarie, elle jaillit encore, sans doute pas aussi vaillante qu’en 48, quoi qu’encore… Ce vieil homme cachait donc bien son jeu, ou était-ce la fatigue ou encore la sagesse, le recul ? Quoi qu’il en soit, son apparente sobriété cachait donc une richesse insoupçonnée, aromatique et quasi-biblique, un tout autre récit au bon souvenir de sa vitalité et de ses expériences qu’il a su concentrer là, dans un verre, et qu’il a su garder 68 ans durant. Le plus impressionnant est de voir, et de sentir, que le récit n’a pas pris une ride, qu’aucun coin d’aucune page n’a jauni et qu’il n’y a aucun cheveu blanc tombé au sol, aucune perte de mémoire ou de détails, aucune rancune boisée et âpre. Non, tout est au contraire d’une justesse insolente, d’un équilibre absolu, et en parler lui donnerait presque déjà moins de sens.

Finish: La puissance et la justesse de ses mots raisonnent dans un râle infini, et n’aura que très rarement donné autant de force à une dégustation. Car ce rhum raconte bien plus que des notes ou des arômes, il raconte une histoire et fait vivre des émotions, il concentre l’essentiel et le sublime avec subtilité et bon sens. Même fermé, le livre continuera de raconter son histoire, et Samaroli continuera à vivre dans chacune de ces pages.

Thoughts: Le rhum n’aura jamais autant été un support de communication, une occasion de voyager. Qu’il ait 40 , 10 ou 80 ans, ce rhum est une aventure hors du commun, et hors du temps.

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